Fragments de décadence
Chapitre 8 : Jeune rouquine, recherche semence.
Le mascara noir coulait déjà sous la sueur nerveuse, le rouge à lèvres écarlate barbouillait ses lèvres tremblantes, la perruque rousse bon marché grattait son crâne rasé, la robe moulante en vinyle collait à sa peau moite, et les talons vertigineux de 12 cm le faisaient chanceler comme une marionnette cassée... Tony était méconnaissable, transformé en une caricature grotesque de féminité, un objet jetable taillé pour l'humiliation. Chaque fibre de son être hurlait de révolte, mais son esprit brisé par des mois de dressage le maintenait en place, comme un chien conditionné à ramper.
Assises sur un sofa en cuir, taché de fluides douteux d'autres soirées, Lucie et Virginie observaient leur création avec une satisfaction cruelle, leurs yeux brillants d'une joie sadique qui les faisait ressembler à des prédatrices repues. Lucie, avec ses ongles longs peints en noir, croisa les jambes, révélant un tatouage serpentant sur sa cuisse.
— Tu as bien compris ? demanda Lucie d'une voix mielleuse, mais chargée d'une menace sous-jacente. Tu as toute la soirée pour nous ramener trois capotes... pleines. Pas une goutte de perdue, sinon on te remet en cage pour un mois de plus, et cette fois, on invite des amis à jouer avec toi.
— Allez, dépêche-toi, salope, ajouta Virginie, un sourire moqueur au coin des lèvres, en tirant sur une cigarette électronique qui diffusait une odeur sucrée de melon, et n'oublie pas de sourire, comme une bonne petite pute !
— Oui, Maîtresse Lucie... Oui, Reine Virginie, murmura Tony d'une voix brisée, rauque d'avoir trop crié lors des sessions précédentes. Les mots sortaient mécaniquement, gravés dans son cerveau par la répétition infinie des punitions : coups de cravache, privations, et ces nuits interminables attaché dans le noir, à ruminer sa chute.
Les deux femmes éclatèrent de rire en le voyant tituber, malhabile sur ses talons, ses chevilles déjà enflées par l'effort. Leur hilarité résonnait dans son crâne, renforçant cette dissociation qu'il avait apprise à cultiver pour survivre – se détacher de son corps, observer de loin cette vie qu'on lui avait imposée, comme si ce n'était pas vraiment lui qui subissait ça.
Il y avait du monde ce soir-là dans la boîte de nuit, une marée de corps suants sous les lumières stroboscopiques. Tony baissait les yeux, évitait les regards curieux qui la déshabillaient déjà, la jugeaient, la réduisaient à une proie. La grande rousse était anéanti par la honte, une vague acide qui lui rongeait les entrailles, mais... Il devait obéir. L'alternative était pire : la cage, les électrochocs sur ses parties intimes, les vidéos qu'elles menaçaient de diffuser à sa famille. Son esprit tournait en boucle sur cette logique tordue – l'obéissance était la seule échappatoire, même si elle le menait plus bas encore.
Un jeune homme, manifestement ivre, les yeux vitreux et la chemise tachée de bière, l'aborda sans gêne, son haleine chargée d'alcool et de tabac froid envahissant l'espace personnel de Tony :
— Hey, la rouquine ! Ça te dit d'aller faire un tour aux chiottes ? T'as l'air d'une qui sait s'amuser.
Tony inspira profondément, retenant ses larmes qui menaçaient de ruiner son maquillage clownesque, sentant son estomac se nouer en un nœud de dégoût et de résignation. C'est pour elles, se répétait-il intérieurement, comme un mantra pour anesthésier sa conscience. Juste une étape de plus vers une liberté temporaire.
— Oui... répondit-il d'une voix tremblante, forcée à imiter un ton féminin aigu qui sonnait faux, comme une parodie cruelle. Il avait un objectif. Il devait tenir, même si chaque seconde le rapprochait d'un point de non-retour psychologique, où il ne saurait plus qui il était sans cette dégradation.
La cabine était étroite, crasseuse, saturée d'une odeur d'urine, de désinfectant chimique et de vomi séché sur les murs graffités de numéros de téléphone pour "services spéciaux". Le jeune homme, chancelant, s'approcha trop près, son corps massif bloquant la sortie. Tony sentit son souffle chaud, fétide sur sa joue, et un frisson de répulsion le traversa. Il ne bougea pas, il n'osa pas entreprendre quoi que ce soit – l'initiative n'était plus la sienne depuis longtemps ; il était un réceptacle passif, programmé pour servir.
Alors, l'homme passa sa main sous la robe de Tony, ses doigts rugueux explorant sans ménagement...
— Qu'est-ce que... ? Pesta l'homme, son expression passant de l'excitation à la confusion, puis au dégoût.
— Mais... T'es un mec ? Dégage d'ici, pédale !
— Nan... S'il te plaît... Laisse-moi au moins te sucer..., supplia Tony, sa voix se brisant en un sanglot étouffé, son esprit criant intérieurement contre cette humiliation auto-imposée.
L'homme hésita, son érection fléchissant un instant, puis d'un ton las, teinté d'un mépris qui blessa Tony plus que n'importe quel coup :
— Allez... Fais vite ! Mais si tu racontes ça à quelqu'un, je te démonte la gueule.
Il desserra sa ceinture et sortit sa verge, molle et imprégnée d'une odeur de sueur accumulée. Tony se mit à genoux sur le sol collant, inspira profondément pour réprimer un haut-le-cœur, et glissa le membre mou dans sa bouche... Il suça du mieux qu'il put, sa langue explorant maladroitement, ses lèvres étirées douloureusement, ignorant les larmes qui coulaient maintenant librement. Son esprit se réfugiait dans un vide, imaginant que c'était un rêve, que son vrai lui était ailleurs, intact.
Désormais le pénis dur, l'homme enchaînait les va-et-vient brutaux, cognant la tête de Tony contre la porte des toilettes avec un bruit sourd qui résonnait comme des coups de marteau sur son crâne. Malgré la bile remontant, Tony devait à tout prix le satisfaire. Se souiller ainsi ne devait pas servir à rien...
Brusquement, un râle guttural, puis sa gorge fut inondée de la semence âpre, chaude et visqueuse de l'homme, un goût abject qui lui donna l'impression d'avaler du poison. Tony, honteux, ne bougea plus, laissant le fluide couler dans sa bouche comme une marque indélébile. L'autre grogna, remonta son pantalon d'un geste sec et quitta les chiottes, sans même un regard pour sa putain du moment, le laissant seul avec le goût abominable du sperme de cet inconnu qui imprégnait chaque courbe de son âme.
Tony resta un moment immobile, secoué de tremblements violents, ses mains tremblantes serrées sur ses cuisses, son corps entier semblant étranger, comme si son cerveau avait fui. Il pensa à Lucie, à Virginie, à ce qu'elles attendaient de lui – non pas par loyauté, mais par peur viscérale, une terreur pavlovienne qui le conditionnait à anticiper la douleur. Elles ont raison, se dit-il dans un flash de folie, je ne suis plus rien sans elles.
Alors, d'un geste mécanique, il fit ce qu'il devait faire. Il sortit une capote de sa pochette, l'ouvrit avec des doigts engourdis et recracha la semence dedans, veillant à ne pas en perdre une goutte, la sensation gluante sur ses lèvres renforçant son dégoût.
— Et de une..., murmura-t-il pour lui-même, une voix brisée qui tentait de rationaliser l'horreur.
La nausée le prit violemment, il vomit dans la cuvette, un mélange de gerbe et de résidus spermatiques, avant de quitter les toilettes à son tour, plus détruit que jamais... Il lui fallait un verre d'eau pour rincer ce goût infernal, mais même ça semblait un luxe immérité.
Quand il arriva au bar, chancelant, un homme aux cheveux grisonnants l'observait, un verre à la main, avec un regard prédateur qui en disait long – un mélange de lubricité et de cruauté calculée, comme s'il flairait la vulnérabilité à des kilomètres.
— Je peux t'offrir un verre, ma beauté ? proposa-t-il d'une voix suave, mais avec une pointe d'autorité qui fit frissonner Tony.
Tony n'avait pas de temps à perdre... Son esprit, déjà fracturé, basculait en mode survie automatique, effaçant toute trace d'hésitation.
— Et moi, je peux t'offrir autre chose ? murmura-t-il en tapotant son fessier d'un geste vulgaire, forcé, qui le fit se haïr un peu plus. Ce n'était plus lui qui parlait, mais bien la catin qu'il était devenu, un alter ego fabriqué par la répétition des abus, une personnalité dissociée pour endurer l'insupportable.
— Suis-moi... On peut louer des chambres à l'étage, répondit l'homme, un sourire malsain aux lèvres, révélant des dents jaunies par des années de vices.
La porte de la chambre claqua derrière eux, un son qui scella le sort de Tony comme un verrou sur sa dignité. La pièce était sordide : lit aux draps tachés, odeur de tabac froid et de sexe rance, murs écaillés où des graffitis obscènes racontaient d'autres nuits d'enfer.
L'homme, déjà dévêtu, s'assit sur le lit avec une assurance tranquille, son corps flasque et poilu exhibé sans honte. Il lui tendit les pieds, un sourire mauvais aux lèvres, ses orteils sales et cornés témoignant d'une hygiène négligée :
— T'es une bonne chienne, n'est-ce pas ? Allez, montre-moi.
Tony resta immobile, hésitant, son cerveau luttant contre l'instinct de fuite. C'est alors que l'homme sortit un revolver, qu'il avait bien pris soin de cacher jusqu'à là dans sa veste froissée, le canon luisant sous la lumière tamisée.
— Sois une bonne chienne..., répéta-t-il calmement, mais avec une froideur qui glaça le sang de Tony.
Un silence lourd s'installa, ponctué seulement par le tic-tac d'une horloge invisible dans l'esprit de Tony. Il sentit son cœur battre contre sa cage thoracique, une panique primitive envahissant chaque cellule, annihilant toute pensée rationnelle. Survivre, juste survivre, se répétait-il, son esprit se fragmentant en compartiments : un pour la peur, un pour l'obéissance, un pour le déni.
Alors, sous la menace de l'arme, Tony, le regard vide, s'agenouilla... Ses genoux heurtèrent le sol dur, envoyant une onde de douleur qui se mêla à l'humiliation.
L'homme commença à se masturber lentement, sa main calleuse allant et venant sur son membre veineux, pendant que son nouveau jouet lui léchait les pieds.
— Passe bien ta langue entre mes orteils... C'est là que le goût y est meilleur ! ordonna-t-il avec un rire guttural, en pressant le canon froid contre la tempe de Tony pour accentuer sa domination.
Pour Tony, le monde s'était réduit à cette pièce étouffante, à la voix sèche qui lui ordonnait de se taire, d'obéir, de ne plus penser. Il ferma les yeux, tentant de s'évader mentalement, imaginant un passé où il était un homme libre, mais les images se brouillaient, remplacées par des flashs de soumissions passées. C'est ce que je mérite, pensa-t-il dans un moment de soumission internalisé, fruit de la manipulation psychologique de Lucie et Virginie.
Ensuite, il lui lécha les bourses poilues et suantes, les poils collants contre sa langue, l'odeur musquée envahissant ses narines comme un gaz toxique. Puis, entama une fellation, sa bouche enveloppant le membre durci, suçant avec une mécanique apprise, ignorant les larmes qui coulaient sur ses joues.
L'homme gémissait de plus en plus fort, ses hanches poussant brutalement, mais au lieu de donner à Tony sa semence, il le gifla violemment.
— Assez ! À quatre pattes, sur le lit ! grogna-t-il.
Tony grimpa sur le matelas taché, sans attendre, ses membres tremblants. L'homme releva sa jupe d'un geste sec, révélant le plug anal que Lucie avait inséré plus tôt pour "l'entraîner". Il eut un petit rire moqueur à la vue du sexe de Tony, flasque et enfermé dans une petite cage de chasteté qui le torturait depuis des semaines.
— Attends... dit Tony, la voix tremblante, un sursaut de lucidité perçant la brume de peur... Mets un préservatif...
— Ferme-la, pétasse... Je veux te sentir cru ! répliqua l'homme, en crachant sur l'entrée de Tony pour une lubrification minimale.
Et l'homme retira le plug sèchement, et s'introduisit en Tony sans retenue, tout en braquant l'arme sur sa nuque, le métal froid rappelant constamment la menace de mort. Tony sentit la douleur lancinante, comme si on le déchirait de l'intérieur, la peur se glissant jusque dans sa respiration saccadée, transformant chaque inspiration en un effort surhumain.
— Sois une bonne fille, ordonna la voix, douce et glaciale, comme un serpent susurrant.
Alors, il obéit. Chaque seconde s'étirait comme une éternité, et Tony, prisonnier de sa dégradation, laissait faire, tentant de s'arracher de son propre corps – une dissociation complète, où il flottait au-dessus de la scène, observant ce viol comme un spectateur distant. Mais les sensations le ramenaient : la brûlure, les grognements, les claques sur ses fesses qui laissaient des marques.
— T'aimes ça, hein ? Railla l'homme, en tirant sur la perruque pour forcer Tony à cambrer le dos.
— Oui monsieur... J'aime..., mentit Tony, les mots sortant comme un réflexe conditionné, renforçant son auto-détestation. C'est pour la mission, se convainquit-il, mais au fond, une partie de lui se fragmentée irrémédiablement, acceptant cette dégradation comme sa nouvelle normalité.
L'homme donna tout ce qu'il put, ses coups de reins brutaux faisant grincer le lit, avant de se vider enfin dans un grognement bestial, le sperme chaud coulant à l'intérieur de Tony, une souillure intime qui le fit se sentir irrécupérable.
Puis, il se rhabilla et quitta la chambre sans un mot, laissant Tony allongé, le cul brisé et douloureux, du sang mêlé au sperme suintant entre ses cuisses... Il avait échoué à récupérer la semence proprement, et cette réalisation le frappa comme un coup de poignard – des heures de souffrance pour rien, sauf une couche supplémentaire de trauma.
Il devait se dépêcher, s'il ne rapportait pas trois capotes, il passerait encore un mois entier en cage... À subir toutes sortes de choses, toujours plus terribles : des gangbangs organisés, des piercings forcés, des tatouages humiliants qui marqueraient sa peau pour toujours.
Il se leva du lit douloureusement, remit de l'ordre dans ses vêtements froissés et tachés. Dans le couloir, Tony passa devant un miroir, il ne se reconnut pas : un visage saccagé, des yeux vides comme ceux d'un zombie, d'une âme tourmentée à jamais.
— Juste encore deux, murmura-t-il, la voix cassée, un sanglot étouffé.
Et ce sera fini...
Pour aujourd'hui...
Mais demain cela recommencerait, inévitable, car son esprit, modelé par la terreur et la dépendance toxique, ne concevait plus d'échappatoire…
© 2026 Meribord. Tous droits réservés.
Cette œuvre est originale et protégée par le droit d’auteur. Toute reproduction, diffusion ou utilisation, même partielle, est strictement interdite sans autorisation.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire